Au bout du compte

Je ne l’ai pas caché, je n’étais pas très chaude à l’idée de partir au Pérou initialement. D’abord parce que j’étais épuisée après mon voyage en Algérie qui a aspiré toutes mes vacances (et qui a été demandant physiquement bien que fort apprécié), puis parce que le RM est arrivé à une période académique intense. Il y eut certains jours en décembre et en janvier, où l’idée toute simple de monter dans un avion me causait de l’anxiété. J’ai excessivement tardé à acheter mes billets, par déni peut-être, ou par procrastination. Mes parents ont remis en question à plusieurs reprises mon engagement dans IFMSA – mais pourquoi, sérieusement, s’entête-t-on à risquer nos études, à sacrifier nos heures de sommeil, à dépenser des milliers par année en « voyages », à cesser de voir notre famille que l’on chérit tant? Qu’est-ce que ça nous apporte, au bout du compte? Nos investissements justifient-ils le retour? Avons-nous perdu de vue nos « vraies » priorités d’étudiant.e.s en médecine?

Je ne sais pas encore ce qu’IFMSA m’apportera en bout de ligne. Tout ce que je sais, c’est que cette année, j’ai appris à rédiger des courriels diplomatiques-mais-fermes pour gérer des situations complexes en anglais, ma troisième langue. À résoudre des conflits internationaux et interculturels, à superviser un budget de plusieurs milliers de dollars, à parler le langage des banques et des transactions internationales, à communiquer avec des partenaires locaux, nationaux et internationaux, à marcher sur des oeufs à plusieurs reprises en gérant des personnalités (très) diverses. À garder une bonne moyenne en médecine tout en m’impliquant à trois niveaux d’IFMSA (international, national et au sein de la FMEQ), à gérer une équipe d’une centaine d’officiers et officières, à répondre rapidement à plus d’une cinquantaine de courriels et messages par jour. À organiser des évènements nationaux de A à Z. À prendre soin de moi malgré le fait d’être sollicitée de tous les côtés. Et surtout, j’ai appris à m’affirmer et porter ma voix au sein des multiples équipes où je suis impliquée – ce qui fait très changement de ma personnalité plutôt silencieuse. J’ai appris à oser mes opinions, à faire respecter mes idées, à sauter soudainement sur une conversation et dire « I beg to differ ». J’ai appris à être têtue. On dit qu’en tant qu’externes en médecine, il faudra savoir s’imposer à l’hôpital. Je crois sincèrement que j’aurais eu beaucoup de difficulté en Clinique si je n’avais pas appris à gérer des dynamiques d’équipe aussi intenses, aussi complexes et aussi diverses que dans IFMSA!

Voilà, il fallait que j’écrive ces lignes. Comme pour me rappeler qu’à 21 ans, j’ai mûri avec l’organisation qui m’a prise dans ses bras. Comme témoignage à tous et toutes les président.e.s qui me suivront - ne lâchez pas, ça vaut la peine! – et à tous ceux et celles qui passeront par ce blogue en cherchant à comprendre pourquoi cette bande d’étudiant.e.s se dédient autant à cette Fédération au nom étrange. Je reviendrai sûrement me relire dans quelques mois, comme je le fais à chaque fois que le doute me prend.

Mais bon, trêve de radotage. Retour sur mes objectifs du RM :

1) Soutenir la délégation autant que possible, et comme le disait mon prédecesseur David : « leader par l’exemple ».

Fait, dans la mesure du possible! Certains délégués m’ont mentionné que la formation pré-départ a eu lieu trop tôt dans l’année, ce qui les a empêché de poser des questions très précises (n’étant pas encore très à l’aise avec les détails du RM) et ce qui a aussi fait en sorte qu’ils ont oublié quelques concepts entre-temps. Comme le RM a lieu en mi-janvier et que le mois de décembre est trop occupé, je proposerai aux prochaines délégations de garder la formation en novembre, mais d’ajouter une rencontre Skype en début janvier pour revenir sur les détails du RM.

2) Participer activement aux dossiers de la Région durant les Presidents’ sessions et tisser des liens avec les autres chef-fes de délégation.

Je me donne un 8/10 pour ma participation. J’ai bien compris toutes les discussions qui ont eu lieu et j’ai posé des questions et donné mon avis lorsque j’en ressentais le besoin. Malheureusement, comme une situation assez importante à éclaté au Québec au moment du RM, j’ai été un peu déconcentrée durant certaines sessions – c’est des choses qui arrivent!

3) Représenter fièrement les projets québécois ainsi que le Sub Regional Training et l’August Meeting Montreal 2018 aux Activities Fair et Poster Fair, ainsi que dans les plénières.

Oui! Malgré toutes les péripéties que j’ai racontées dans un billet de blogue précédent, j’ai été assez fière des projets québécois qui ont été présentés. Au futures délégations : il pourrait être intéressant de faire pratiquer les présentateurs de l’Activities Presentation devant la délégation avant qu’ils montent sur scène! Ça risque non seulement de les aider, mais aussi de créer un sentiment d’appartenance de toute l’équipe envers le projet à présenter.

4) Tenter de balancer mon type de présidence – en essayant d’être compréhensive tout en exprimant clairement mes attentes envers la délégation

Je suis généralement satisfaite, mais j’essaierai d’être un peu plus stricte aux prochaines délégations. J’ai l’impression d’avoir défait les barrières « hiérarchiques » au sein de la délégation, ce qui a été une belle chose : j’ai senti que les délégué.e.s étaient à l’aise de venir me parler lorsqu’ils vivaient quelque chose, qu’ils n’avaient pas peur d’être « chicané.e.s ». Je crois qu’il y aurait eu moyen de garder cette belle relation tout en montrant légèrement plus de fermeté par rapport à mes attentes.

5) Écrire sur ce blogue une fois tous les deux jours

Je n’ai pas réellement écrit à tous les deux jours, mais j’estime qu’étant donné la folie de l’horaire, je suis satisfaite avec les 3 billets de blogue. Pour les futures délégations : penser à instaurer des périodes de blogue dans l’horaire, où toute la délégation écrirait son blogue en même temps! Peut-être inclure ça durant le court répit au retour à l’hôtel le soir, avant que la délégation ne s’éparpille dans leurs chambres.

6) Trouver un trente minute pour aller au centre-ville et goûter à du ceviche!

Impossible! J’ai eu à peine 15 minutes pour aller m’acheter une brosse à dents avant que le dépanneur du coin ne ferme! Mais ce n’est que partie remise ;)

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